la Commune de Paris 1871, une utopie réalisée

« La Révolution communale, commencée par l'initiative populaire du 18 mars, inaugure une ère nouvelle de politique expérimentale, positive, scientifique. C'est la fin du vieux monde gouvernemental et clérical, du militarisme, du fonctionnarisme, de l'exploitation, de l'agiotage, des monopoles, des privilèges, auxquels le prolétariat doit son servage, la Patrie ses malheurs et ses désastres. »

Extrait de la déclaration au peuple français par le conseil de la Commune, le 20 avril 1871

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Dans un contexte marqué par la montée des populismes, les mouvement MeeToo et Gilets Jaunes, l’intolérance grandissante envers les migrants, un parallèle avec cette période de notre histoire s’établit naturellement dès lors que s’engage une réflexion sur un monde nouveau.  Mais c’est depuis mon adolescence que je m’intéresse à la Commune et tout particulièrement aux pétroleuses, ces femmes qui seront considérées à l’époque comme des hystériques, folles furieuses, incendiaires.

Au cours des deux mois que dure cette insurrection, entre le 18 mars et le 28 mai 1871, les Communards mettent en place à Paris une organisation proche de l’autogestion. En 72 jours, ils prendront près de 250 arrêtés et décrets en faveur du peuple, parant à l’urgence mais dessinant aussi un avenir égalitaire : union libre, interdiction de la prostitution, séparation de l’Église et de l’État, travail des femmes, début d’égalité salariale… La Commune a manqué de temps pour accorder aux femmes le droit de vote. Il faudra par la suite des dizaines d’années pour reconquérir ces droits.

Mais, la Semaine sanglante, avec l’entrée des Versaillais dans Paris le 21 mai, sonnera la fin de cette utopie.

En suivant cette silhouette, prise au sténopé dans le Paris d’aujourd’hui, nous partons à la rencontre de communardes devenues célèbres : Louise Michel, Elisabeth Dimitrieff, Nathalie Lemel, Paule Minck, … 

Mais cette période de l’histoire correspond également à un moment insigne de l’art photographique avec l‘émergence de photographes, tels que Ernest Appert, Auguste Braquehais ou Jules Andrieu.

D'une part, les portraits de communards réalisés par Ernest Appert, qui annoncent la photographie judiciaire développée par Alphonse Bertillon mais aussi la manipulation des images à des fins politiques. « La première entreprise répressive à utiliser la photographie à l’encontre des militants reste celle d’Eugène Appert en 1871. Forte de cette expérience, la pratique policière s’oriente cependant vers la mise en place ordonnée de véritables fichiers qui, à partir de la réforme bertillonienne, recourt à la photographie dans chacune de ses nouvelles extensions ». Christian Phéline - L’Image accusatrice (1985). Et enfin, la poétique des ruines avec les photographies de Auguste Braquehais, considéré comme un des précurseurs du photojournalisme, et de Jules Andrieu, photographe officiel pour le ministère de la Marine et des Colonies, qui s’est spécialisé dans la photographie des destructions parisiennes.

 

 

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Project Date:

August 8, 2019